L'industrie du cannabis médical reçoit un coup de pouce majeur au Canada
Santé Canada simplifie l'octroi de licences et les inspections pour les producteurs de marijuana
Santé Canada a levé aujourd'hui un énorme fardeau réglementaire des épaules des producteurs de marijuana médicale.
Les changements annoncés le 26 mai à Ottawa simplifieront le processus d'obtention d'une licence de production de cannabis en vertu du Règlement sur l'accès au cannabis à des fins médicales (RACFM).

Ils faciliteront également grandement l'exploitation de leur entreprise pour les titulaires de licence existants, en particulier s'ils souhaitent étendre leur production.
Un communiqué de Santé Canada indique que le ministère mettra en œuvre les mesures suivantes, avec effet immédiat :
- Accroître la capacité du Ministère à examiner et à traiter les demandes.
- Entreprendre certaines étapes de l'examen de la demande simultanément.
- Permettre aux producteurs autorisés de gérer la production en fonction de la capacité de leur chambre forte.
- Autoriser des périodes de validité plus longues pour les licences et les cotes de sécurité conformément à la réglementation.
- Simplifier l'examen et l'approbation des demandes de modification ou d'agrandissement d'une installation de production existante pour les producteurs autorisés ayant un bon dossier de conformité avec le RACFM.
CE QUE CELA SIGNIFIE POUR LES DEMANDEURS
Le processus d'obtention d'une licence de production de marijuana médicale au Canada est notoirement difficile. Sur environ 1 500 demandes déposées depuis 2014, seules 43 avaient reçu une licence de production au 18 avril.
De plus, de nombreux titulaires de licence n'ont pas encore obtenu de licence de vente, ce qui est un autre processus d'inspection. Au 18 avril, seuls 29 producteurs détenaient une licence pour vendre leurs produits.
Santé Canada s'engage maintenant à consacrer davantage de ressources aux inspections de licences, mais aussi à simplifier le processus d'inspection. Certaines des huit étapes actuelles d'inspection seraient regroupées et effectuées simultanément, ce qui rendrait le processus beaucoup plus rapide.
CE QUE CELA SIGNIFIE POUR LES PRODUCTEURS ACTUELS
Le changement de réglementation pourrait être encore plus important pour les titulaires de licence actuels.
Jusqu'à aujourd'hui, les producteurs autorisés (PA) souhaitant augmenter leur production étaient confrontés à des obstacles réglementaires qui pouvaient prendre des mois, voire des années, à résoudre.
La conception des nouvelles salles de culture et des installations devait être approuvée avant le début de la construction ; il y avait normalement des inspections pendant la construction ; et la construction finale devait être approuvée avant que l'entreprise ne puisse cultiver de nouvelles récoltes.

Maintenant, l'examen et l'approbation des installations agrandies ont été considérablement simplifiés, tant que le producteur a un solide dossier de conformité avec le RACFM.
En bref, cela signifie que les entreprises peuvent s'agrandir pour répondre à la demande très rapidement, et ne seront pas freinées par des mois d'inspections.
Un autre changement majeur est la suppression de l'exigence de demander un quota de production dans le cadre de la licence RACFM.
Jusqu'à aujourd'hui, un producteur demandait initialement à produire une certaine quantité de marijuana médicale.
Par exemple, un producteur pourrait demander à cultiver 500 kilogrammes par an, puis devoir s'agrandir pour répondre à la demande.
Selon l'ancien système, l'installation agrandie ET le désir de cultiver plus de produit seraient examinés par les fonctionnaires de Santé Canada.
Maintenant, les cultivateurs peuvent cultiver autant de cannabis qu'ils le souhaitent, à condition que tout le produit qu'ils cultivent puisse être stocké dans leurs chambres fortes existantes.
Toutes les chambres fortes d'une installation autorisée ont une limite de charge, de sorte qu'un PA peut maintenant cultiver autant de produit qu'il le souhaite, tant qu'il ne dépasse pas la quantité de stockage autorisée dans sa chambre forte particulière.
De plus, si une entreprise doit s'agrandir au-delà de ce point, elle n'a qu'à construire une nouvelle chambre forte ou une chambre forte plus grande.
Il y a deux autres changements bienvenus pour les demandeurs et les producteurs actuels.
Le premier est que la période de validité d'une licence existante a été prolongée à trois ans. Avant aujourd'hui, une licence RACFM devait être renouvelée chaque année, créant une atmosphère d'incertitude parmi les investisseurs.
Le second est que les cotes de sécurité sont désormais valables cinq ans au lieu d'un an.
Seules les personnes désignées comme « personne responsable » ou « personne responsable principale » peuvent se trouver seules dans une chambre forte ou une salle de culture. Les PR et les PRP doivent actuellement subir un contrôle de sécurité complet chaque année, et s'ils échouent, ils ne peuvent plus travailler dans une salle de culture ou une chambre forte sans supervision.
IMPACT SUR LES PRODUCTEURS AUTORISÉS
Encore une fois, à moins d'avoir travaillé dans cette industrie de manière pratique, il est difficile de comprendre l'ampleur de ces changements pour les producteurs autorisés au Canada.
Obtenir une licence était une lutte énorme pour chaque entreprise qui en a reçu une, et ce processus sera maintenant plus rapide, mais toujours difficile en termes de respect des critères stricts de Santé Canada. Essentiellement, les critères n'ont pas changé, mais le processus d'inspection pourrait être beaucoup plus rapide.
Les demandeurs peuvent toujours être refusés, mais au moins ils seront refusés plus rapidement et pourront travailler à corriger toute déficience constatée lors de l'inspection préliminaire de la licence.
L'impact sur les producteurs déjà autorisés est plus immédiat.
Par exemple, je travaille avec un PA existant qui a réalisé une expansion à grande échelle, mais cette expansion n'a pas encore subi d'inspection finale. Le processus, en fait, a pris des mois.
Maintenant, cette inspection n'est plus requise, et ce PA peut littéralement commencer à produire et à vendre immédiatement.
De plus, la suppression de l'exigence d'un quota de production signifie que la production de l'entreprise peut augmenter bien plus que ce qu'elle avait réellement demandé.
ANALYSE POUR LES INVESTISSEURS
S'il y a une chose que les investisseurs n'aiment pas, c'est l'incertitude.
Les procédures d'inspection longues et fastidieuses et les réglementations extrêmement complexes rendent l'investisseur profane particulièrement nerveux, et à juste titre.
La simplification du processus est un énorme coup de pouce pour ces PA alors qu'ils se préparent à la légalisation complète l'année prochaine.
En fait, il est juste de dire que la plupart des producteurs seraient incapables de répondre à l'afflux de demande à venir sans ces changements.
Il est difficile de dire si la plupart des investisseurs sont suffisamment avertis des opérations quotidiennes d'un PA pour en comprendre la signification.
Cependant, ces changements ont été annoncés alors que la plupart des propriétaires de PA étaient à la conférence Lift à Toronto… et je peux vous dire que les producteurs autorisés faisaient pratiquement des roues dans les couloirs.
Cette seule mesure prise aujourd'hui signifie que les PA existants pourront massivement étendre leur production pour le marché récréatif, et ce très rapidement.
Cela aidera également probablement certains nouveaux producteurs à entrer en production plus rapidement, augmentant ainsi davantage l'offre.
Nos prévisions précédentes pour le printemps et l'été concernant les sociétés cotées en bourse étaient que les cours des actions baisseraient quelque peu (ce qu'elles ont fait), resteraient stagnants jusqu'en juillet, puis recommenceraient à augmenter en août et septembre en raison du prochain débat parlementaire sur la légalisation.
Les changements annoncés pourraient en fait créer une hausse inattendue à court terme des cours des actions cette semaine, mais l'impact à long terme est bien plus important.
En termes simples, les changements mis en place par Santé Canada cette semaine positionnent les principaux producteurs autorisés pour augmenter leurs revenus par un facteur de 10 ou 20 fois au cours des 14 prochains mois.
Le marché de la marijuana médicale était déjà une forte recommandation d'achat pour nous cet été ; cela ne fait qu'ajouter la cerise sur le gâteau (ou plutôt le glaçage sur le brownie au hachisch).
Gary Symons, Equedia

